PISTES CYCLABLES
Comme à Hendaye

C'est une petite phrase en apparence anodine, mais qui pourrait coûter cher. Il y a un peu plus d'un an, alors qu'on l'interrogeait sur le manque de pistes cyclables dans sa ville, le maire de Montpellier Philippe Saurel avait balayé le sujet. « Le vélo est utilisé mais pas spécialement à l'intérieur du centre-ville. Faire une infrastructure pour deux personnes, ce n'est peut-être pas l'idéal...», répondait l'élu divers gauche. C'était surtout un manque de flair total. Dans la foulée, un Montpelliérain lance sur Twitter le hashtag #jesuisundesdeux. Quelques jours plus tard, ils sont près de 1200cyclistes rassemblés devant la mairie pour réclamer un changement de braquet en matière d'aménagement. Depuis, le mouvement s'est amplifié. Le dimanche 10 novembre, pour fêter le premier anniversaire de #jesuisundesdeux, ils étaient finalement près de 2600 à pédaler dans les rues de la ville. Une manière d'adresser un immense pied de nez à l'ex-socialiste Philippe Saurel, dont l'avenir politique est désormais menacé, à quatre mois des municipales. Depuis que la liste conduite par Yannick Jadot est arrivée troisième aux élections européennes, les écolos ont le vent dans le dos. Pour la première fois, ils conduiront des listes dans les 40 plus grandes villes françaises. Et voilà qu'ils se prennent à rêver de planter leur drapeau à Montpellier, cet ancien bastion socialiste dirigé pendant presque trente ans par Georges Frêche, septième ville de France avec ses 280 000 habitants.

Obs 21 11 2019

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